 |
histoire de l'illustration |
| |
|
III - Des années 80 à nos jours : |
|
L’IMAGE S’EMANCIPE DU TEXTE
L’album jeunesse connaît un nouveau tournant au milieu des années 80.
En 1985, L’Album d’Adèle de Claude Ponti devient le manifeste de la renaissance de l’école française.
Beaucoup d’illustrateurs contemporains (Georges Lemoine, Frédéric Stehr, Michèle Daufresne) attribuent encore un rôle instrumental à l’illustration. Pour d’autres, l’écrit n’est plus porteur de contenu, l’illustration devient une écriture visuelle.
Les années 90 ont vu l’avènement de la peinture dans l’imagerie de jeunesse. Des illustrateurs innovants tels Grégoire Solotareff, Nadja, Olga Lecaye, Antoon Krings, Katy Couprie, Zaü, André Dahan utilisent les rendus du modelé, les effets de lumière de la peinture.
|
Nadja, Chien bleu, l’école des loisirs, 1989, p. 6.
|
|
|
Grégoire Solotareff, Mon frère le chien,
l’école des loisirs, 1992, p. 16. |
Antoon Krings, Le loup sentimental,
l’école des loisirs, 1992, couverture. |
A cette même époque, quelques illustrateurs s’inspirent des procédés narratifs de la bande dessinée : Yvan Pommaux dans Disputes et chapeaux (L’Ecole des loisirs, 1991) ou Gabriel Vincent dans sa série Ernest et Célestine appliquent ainsi le découpage séquentiel de l’image.
| |
|
|

Gabrielle Vincent, Ernest et
Célestine musiciens des rues,
Duculot, 1981, p.4

|
Aujourd’hui, l’image n’a pas perdu son goût pour la peinture, Nathalie Novi poursuit cet héritage. Des techniques diverses sont utilisées, l’illustration revendique le droit de s’exprimer à travers la seule aventure de la forme.
Sara raconte des histoires sans paroles à l’aide de papiers déchirés. Dans A travers la ville (Epigones, 1990), Certains illustrateurs comme Claude Boujon, Pef, Alain Le Saux, ont compris l’utilité de la fantaisie et de l’humour pour améliorer le pouvoir de communication de l’image.
| |
|
Le renouvellement passe aussi par l’emploi de techniques directement ou indirectement associées à la photographie (éditions Où sont les enfants). Cependant la production photographique est mise en jeu par l’utilisation de la pâte à modeler comme le fait Pierrre Pitrou dans Mappe et monde (Gallimard 1994) ou par l’illustration en volume telle que la conçoivent Les Chats pelés.
Les Chats pelés, Vive la musique !, Seuil Jeunesse, 1995 , p. 14 |
|
|
D’autres artistes tels Emilie Chollat, Coralie Gallibour, Jochen Gerner, Hélène Riff ou Charlotte Mollet recourent à une technique mixte de papiers déchirés et matériaux divers.
Les Editions du Rouergue ont innové avec leur format carré et leur police de caractère, d’autres petites maisons telles que l’Atelier du poisson soluble, Points de suspension, Sarbacane…. axent leur production vers un travail atypique sur les couleurs et les matières..
Olivier Douzou, Mono Le cyclope, Editions du Rouergue, 1993, p. 21.
|
|
|